Item 233-B – Diabète sucré de type 2

Diabète sucré de type 2

I.  Épidémiologie

II.  Physiopathologie

III.  Signes cliniques et dépistage

IV.  Évolution

V.  Traitement

 

Objectifs pédagogiques

CEEDMM

- Connaître le seuil glycémique.

- Savoir différencier un diabète de type 2 d'autres causes d'hyperglycémie.

- Savoir définir et utiliser l'HbA1c, connaître les seuils d'HbA1c souhaitables et l'attitude thérapeutique appropriée selon les résultats.

I. Épidémiologie

Le diabète de type 2 représente 80 à 90 % des diabètes.

Sa prévalence est de 2,78 % de la population dépendant du régime général (traitement par hypoglycémiants oraux et/ou insuline). La prévalence extrapolée à la population générale est de 3,95 % (2007), dont 0,41 % traités par l’insuline seule.

Il existe plus de 2 millions de diabétiques en France, et plus de 200 000 à 300 000 diabétiques sont traités par le régime seul.

La prévalence augmente avec l’âge : près de 10 % de la tranche 65-79 ans. L’accroissement de la prévalence en France est de 5,7 %/an (CNAM 2000-2007).

Les personnes à risque sont les personnes obèses, présentant une anomalie du métabolisme glucidique, ayant des antécédents familiaux de diabète de type 2. Certaines ethnies (noirs, hispaniques) sont plus touchées.

Le diabète de type 2 est découvert le plus souvent à l’âge adulte. L’insulinorésistance, qui prédomine au début de la maladie (figure 13.3), permet un traitement oral dans les premières années. Il existe probablement plusieurs causes différentes de ce type de diabète.

Fig. 13.3. Histoire naturelle du diabète de type 2 (d’après [6]).

II. Physiopathologie

La physiopathologie commune du diabète de type 2 est représentée dans la figure 13.4.

L’insulinorésistance se caractérise par :

– l’incapacité de l’insuline à obtenir une réponse maximale au niveau de ses organes cibles ;

– au niveau du muscle lors de la charge en glucose, elle aboutit à un défaut de captation musculaire du glucose ;

– au niveau hépatique, on note un accroissement de la production hépatique de glucose, à l’origine de l’hyperglycémie à jeun.

Il existe également une insulinorésistance adipocytaire.

L’insulinopénie relative est caractérisée par une insuffisance de sécrétion d’insuline, compte tenu du niveau de la glycémie. Ce trouble, qui est présent dès le début de la maladie, est évolutif, inéluctable et s’aggrave avec l’âge et la durée du diabète, jusqu’à conduire au maximum au diabète insulinonécessitant.

Fig. 13.4. Physiopathologie de la forme commune du diabète de type 2 (80 % des cas).

A. Facteurs génétiques

L’importance des facteurs génétiques peut s’apprécier dans le tableau 13.V.

Tableau 13.V. Fréquence estimée du diabète de type 2 chez les apparentés de diabétiques

Population générale française

2 à 4 %

Jumeaux vrais

90 à 100 %

2 parents diabétiques

30 à 60 %

1 apparenté au premier degré

10 à 30 %

 

Plusieurs gènes sont incriminés dans l’apparition d’un diabète de type 2, ces gènes ayant un rôle dans le développement pancréatique ou la synthèse de l’insuline.

B. Glucotoxicité

L’hyperglycémie aggrave le déficit de l’insulinosécrétion pancréatique ainsi que l’insulinorésistance, notamment par l’élévation du seuil du « glucose sensor » des cellules bêta.

C. Lipotoxicité

La non-freination de la lipolyse en raison de l’insulinopénie et de l’insulinorésistance des adipocytes est responsable d’une augmentation des acides gras libres. Cette augmentation des acides gras libres augmente le « seuil sensor » de l’insulinosécrétion et aggrave la diminution de l’insulinosécrétion. Elle augmente également l’utilisation du glucose stimulée par l’insuline.

D. Adipokines

L’insulinorésistance est en partie liée à la sécrétion d’adipokines par les adipocytes comme le TNF.

Définie comme une réponse diminuée à l’administration d’insuline exogène, l’insulinorésistance (figure 13.5) est favorisée par l’obésité androïde, l’âge et la sédentarité.

Elle s’accompagne d’anomalies comme dans le cas du syndrome X (2005), caractérisé par une obésité androïde associée à deux des anomalies suivantes :

– une hypertriglycéridémie ;

– un niveau d’HDLc diminué ;

– une HTA ;

– une hyperglycémie à jeun ou un diabète.

Le profil est à haut risque cardiovasculaire.

Les causes de l’insulinorésistance sont les suivantes :

– non modifiables : la génétique ;

– modifiables :

• la sédentarité -> activité physique ;

• l’excès pondéral -> alimentation équilibrée et adaptée au poids.

Les conséquences de l’insulinorésistance sont un risque vasculaire accru du fait du diabète et des autres anomalies souvent associées : hypertension artérielle (HTA), dyslipidémie, etc.

 Fig. 13.5. Insulinorésistance hépatiqueet périphérique (musculaire et adipocytaire) (d’après [7]).

 

III. Signes cliniques et dépistage

A. Signes cliniques

Ils sont secondaires à l’hyperglycémie. Cette forme de diabète passe souvent inaperçue car l’hyperglycémie se développe graduellement et les patients, bien qu’asymptomatiques, sont à risque de développer des complications micro et macrovasculaires. La décompensation sévère du diabète peut entraîner les symptômes suivants :

– polyurie ;

– polydipsie (soif) ;

– amaigrissement ;

– prurit vulvaire chez la femme et balanite chez l’homme ;

– infections récidivantes ou traînantes.

B. Dépistage par la glycémie veineuse à jeun

Quand doit-il être réalisé ?

– chez tous les sujets présentant des signes cliniques évocateurs de diabète ;

– chez tous les sujets âgés de plus de 40 ans (à répéter tous les 3 ans en l’absence de facteur de risque de diabète existant, et plus précocement en cas d’apparition d’un facteur de risque, le risque de développer un diabète de type 2 augmentant avec l’âge) ;

– chez les patients qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque (à répéter tous les ans en cas de bilan normal).

Le dépistage est réalisé dans les cas suivants :

– IMC >= 27 kg/m2 ;

– un parent diabétique au premier degré ;

– antécédents de diabète gestationnel ou de macrosomie fœtale ;

– HTA > 140/90 mmHg ;

– hypertriglycéridémie > 2 g/L et/ou HDLc < 0,35 g/L ;

– hyperglycémie modérée à jeun connue (glycémie à jeun entre 1,10 et 1,25 g/L) ;

– antécédent de diabète cortico-induit ;

– obésité abdominale : selon les normes européennes, TT > 80 cm (femme) et TT > 94 cm (homme) (TT indiquant le tour de taille).

C. Arguments en faveur d’un diabète de type 2 lors d’une hyperglycémie

Les arguments sont les suivants :

– âge supérieur à 40 ans ;

– antécédent familial de diabète de type 2 ;

– facteurs de risque cardiovasculaire associés, dans le cadre d’un syndrome d’insulinorésistance, dyslipidémie, HTA ;

– IMC > 27 kg/m2 ;

– localisation androïde des graisses (obésité abdominale) ;

– antécédent de diabète gestationnel ou de diabète cortico-induit ;

– cétonurie absente.

D. Diagnostics différentiels (+++)

1. Diabète de type 1 lent (LADA)

Ce diabète est caractérisé par la minceur du patient, l’absence d’antécédents familiaux et par la présence de taux d’IA2 et de GAD positifs.

2. Diabètes génétiques

Il s’agit de diabètes survenant dans un contexte d’antécédents familiaux et d’atypie :

– diabète MODY 2 : diabète modéré du sujet jeune ;

– diabète MODY 3 : diabète sévère du sujet jeune ou rapidement insulinorequérant ; pseudo-type 1 ;

– diabète mitochondrial à transmission maternelle, rétinite pigmentaire, surdité.

IV. Évolution

L’insulinopénie s’aggrave avec le temps et le diabète de type 2 devient insulinorequérant dans la majorité des cas. Cette insulinopénie s’aggrave selon l’équilibre glycémique (glucotoxicité et lipotoxicité) décrit dans la figure 13.6.

Le pronostic de la maladie repose sur les complications, elles-mêmes dépendantes de l’équilibre glycémique, lipidique et tensionnel.

Fig. 13.6. Déclin aggravé de la fonctiondes cellules blorsque le diabète est mal contrôlé.

V. Traitement

A. Principes généraux

Les objectifs du traitement sont (+++) :

– la normalisation de l’HbA1c (< 6,5 %) ;

– l’amélioration des glycémies et de l’insulinosensibilité ;

– la prise en charge globale des facteurs de risque cardiovasculaire (tabac, HTA, dyslipidémie).

Les moyens pour traiter sont :

– l’activité physique ;

– le régime hypocalorique en cas de surcharge pondérale, sans sucres d’absorption rapide ;

– les traitements oraux ;

– les analogues du GLP1 ;

– l’insuline.

B. Surveillance glycémique

1. Surveillance de l’HbA1c

Elle est essentielle à la surveillance du traitement et à l’évaluation du risque de complications.

Un objectif personnalisé est à transmettre au patient.

Les recommandations concernent le dosage à faire tous les 3 mois.

Suivant le taux de l’HbA1c, le contrôle sera qualifié de la façon suivante :

– si < 6,5-7 %, le contrôle est bon ;

– si 7 à 8 %, la qualité du contrôle est à interpréter selon le contexte clinique ;

– si > 8 %, le contrôle est mauvais, d’où une modification thérapeutique indispensable.

2. Autosurveillance glycémique (ASG)

a. Traitement oral

L’ASG n’est pas systématique ; elle est nécessaire en cas de pathologie déséquilibrant le diabète, ou de modification du traitement du diabète.

L’ASG est un outil précieux d’éducation :

– pour sensibiliser le patient à l’intérêt de la diététique et de l’exercice physique régulier ;

– pour déterminer la posologie d’un sulfamide hypoglycémiant au début ou lors d’un changement d’hypoglycémiant, ou après ajout d’un traitement pouvant modifier l’insulinosécrétion ou l’insulinosensibilité (inhibiteur de l’enzyme de conversion, par exemple) ;

– lors d’une maladie intercurrente ou de la prescription d’un médicament diabétogène ;

– pour suivre l’évolution de l’insulinopénie.

Le traitement est le plus souvent de 1 à 3 cycles hebdomadaires, à jeun au réveil, à 12 heures avant le déjeuner et à 17 heures.

b. Diabète insulinotraité

L’ASG est nécessaire pour l’adaptation des doses d’insuline.

Il faut au minimum autant de contrôles capillaires que d’injections (1 glycémie capillaire avant chaque injection d’insuline).

La surveillance glycémique – Ce que le patient doit savoir

- HbA1c : fraction de l’hémoglobine susceptible de se glyquer de façon stable ; elle permet d’estimer l’équilibre glycémique des 2 à 3 mois précédant le prélèvement. Ce n’est pas une moyenne des glycémies, le sucre collé à l’Hb ne se « décolle » pas en cas d’hypoglycémie.

- Dosage à faire tous les 3 à 4 mois.

- Objectif d’HbA1c défini pour chaque patient : objectif dont le patient doit être informé.

- L’absence d’hypoglycémie est également un critère d’équilibre du diabète.

 

 

 

 

 

 

 


C. Prise en charge thérapeutique (+++)

1. 1re étape : les règles hygiénodiététiques

a. 108.3.1.1 a. Activité physique

Elle nécessite au préalable une évaluation cardiologique.

Intérêt de l’exercice physique régulier

Les intérêts sont nombreux :

– diminution de l’incidence du diabète de type 2 dans une population à risque ;

– amélioration de l’insulinorésistance et des paramètres métaboliques (action brève de 24 à 30 heures) ;

– amélioration des chiffres tensionnels à l’effort ;

– augmentation de la masse maigre et diminution de la masse grasse, sans modification pondérale notable en l’absence de contrôle alimentaire associé.

Type d’exercice physique

Privilégier les activités d’endurance : marche, cyclisme, natation, golf, jogging, ski de fond, etc.

Profiter des actes de la vie courante, ludiques et professionnels.

L’intensité est progressive et adaptée au contexte personnel de sédentarité, sans dépasser 50 à 70 % de la FMT (fréquence cardiaque maximale théorique, qui se calcule selon la formule : FMT = 220 – âge) ; par exemple, pour un sujet de 50 ans, la fréquence cardiaque à l’effort ne doit pas dépasser 119 battements/min.

Durée de l’exercice physique

Au moins 30 min/jour, par tranches d’au moins 10 min.

Insister sur les déplacements à pied ou à vélo ; la montée des escaliers peut constituer une activité physique urbaine.

Contre-indications

Les contre-indications sont les suivantes :

– insuffisance coronarienne non stabilisée ;

– HTA d’effort ;

– rétinopathie proliférante non stabilisée.

Précautions

Il s’agira de faire attention :

– à la macroprotéinurie ;

– aux traitements hypoglycémiants (insulinosécréteurs, insuline) ;

– aux bêtabloquants ;

– aux pieds.

Noter que la prescription de l’exercice physique est un acte médical nécessitant une évaluation des risques du patient et de ses capacités.

Activité physique – ce que le patient doit connaître

Faire connaître :

– l’effet bénéfique de l’exercice physique ;

– l’amélioration de la masse musculaire ;

– l’intérêt des activités quotidiennes telles que ménage, bricolage, jardinage, économiser sa voiture, monter les escaliers à pied, etc. ;

– la progression, la durée et l’intensité de l’exercice ainsi que l’adaptation à chacun selon l’avis médical.

 

b. Alimentation

Régime diabétique hypocalorique (si excès pondéral), équilibré, sans sucres d’absorption rapide.

Les objectifs sont la perte de 5 à 10 % du poids au diagnostic de la maladie, en cas de surcharge pondérale, et la correction avant tout des troubles du comportement alimentaire (grignotages).

Prescription diététique

La prescription diététique doit tenir compte :

– du poids du sujet ;

– de son activité physique ;

– de ses habitudes alimentaires ;

– de ses interdits éventuels (+) ;

– de ses coutumes ethniques (+) ;

– de ses contraintes professionnelles (+).

Principes généraux

Apport calorique adapté au poids.

La répartition est la suivante, à raison de trois repas journaliers :

– glucides : 50-55 % (moins en cas d’hypertriglycéridémie ou d’obésité morbide) ;

– lipides : 30-35 % ;

– protides : 20 %, représentant 1 g/kg (poids)/jour.

Particularités des glucides

Il s’agit de limiter les sucres purs sans les « diaboliser » : sucre, bonbons, miel, confiture, boissons sucrées.

Les glucides doivent être pris au sein d’un repas mixte (la consommation de légumes et de féculents permet une meilleure absorption des glucides et abaisse le pic prandial d’hyperglycémie), et les aliments à index glycémique bas seront privilégiés, tels que pâtes, légumes secs, céréales, pain complet.

À titre d’exemple, 100 g de féculents cuits (soit 20 g de glucides) sont l’équivalent de :

– 100 g de pommes de terre, pâtes, riz, semoule cuits ;

– 60 g de légumes secs (lentilles, haricots blancs) ;

– 40 g de pain ;

– 30 g de farine ou de céréales.

Autre exemple, un fruit de 150 g (soit 15 g de glucides) correspond à :

– 1 pomme, orange, poire, pêche ou brugnon ;

– 1/2 pamplemousse ;

– 2 clémentines ;

– 3 abricots ;

– 4 prunes ;

– 1/2 banane ;

– 250 g de fraises, framboises ou groseilles ;

– 100 g de raisins ;

– 12 cerises.

2. 2e étape : les règles hygiénodiététiques associées au traitement médicamenteux

a. Antidiabétiques oraux

Ils sont regroupés dans les tableaux 13.VI et 13.VII.

 

INSULINOSENSIBILISATEURS

INSULINOSÉCRÉTEURS

 

Biguanides (+++)

Glitazones

Sulfamides

Glinides

Inhibiteurs de la DPPIV

Inhibiteurs de l'a – glucosidase

Intérêt

Efficacité sur l’insulinorésistance

Absence de prise de poids

Médicament de première intention en l’absence de contre-indications Prévention de cancers.

Intérêt de l’association à la Metformine:

synergie sur l’insulinorésistance

moindre prise de poids

Effet bénéfique sur la stéatose hépatique et sur la dyslipidémie (proglitazone)

Efficacité sur l’insulinosécrétion

Efficacité sur l’insulinosécrétion

Utilisable chez le sujet âgé jusqu’à 75ans

Pas de contre-indication rénale (extension d’AMM dans l’insuffisance rénale même sévère)

Durée d’action courte avec absence de prise du cp si pas de prise alimentaire

Absence d’hypoglycémie

Utilisable chez le sujet âgé

Amélioration des glycémies postprandiales

Absence de prise de poids

Utilisable chez le sujet âgé Utilisable dans le cas d’insuffisance rénale (clairance >25mL/ min) Utilisable dans le cas d’insuffisance hépatique

Effets métaboliques attendus

? 1 % HbA1c; protection cardiovasculaire

? 1 % HbA1c

? 1 % HbA1c

? 1 % HbA1c

? 0,5 à 1% HbA1c

? 0,5 % HbA1c

 

Tableau 13.VI. Classification des antidiabétiques oraux

 

INSULINOSENSIBILISATEURS

INSULINOSÉCRÉTEURS

 

Biguanides

Glitazones

Sulfamides

Glinides

Inhibiteurs de la DPPIV

Inhibiteurs de l'a – glucosidase

Principal mode d’action

Réduction de l’insulinorésistance surtout au niveau hépatique

Agonistes des récepteurs nucléaires PPAR?

Diminuent l’insulinorésistance surtout au niveau adipocytaire et indirectement musculaire

Stimulent l’insulinosécrétion

Stimulent l’insulinosécrétion, durée d’action courte qui «couvre le repas»

Inhibition de l’activité de la DPPIV, enzyme détruisant le GLP1, augmentation de l’insulinosécrétion en fonction de la glycémie, diminution des glycémies postprandiales

Empêchent l’hydrolyse des glucides complexes (amidon)
- retardent l’absorption du glucose
- atténuent le pic postprandial (20%)

Effets secondaires

Digestifs: douleurs abdominales, diarrhée Þfréquents et souvent transitoires-> à prendre au milieu ou en fin de repas

Pas de risque d’hypoglycémie, sauf si alcool

Acidose lactique: risque nul si respect des contre-indications

Hépatiques: surveillance ASAT/ ALAT avant la mise en route et tous les 2 mois, la première année

Prise de poids

Anémie: surveillance de la NFS

Œdèmes des MI

Possible aggravation de l’HTA et de l’insuffisance cardiaque

Risque fracturaire

Risque d’hypoglycémie surtout par dosage inadapté aux besoins et interaction médicamenteuse

Allergie

Risque d’hypoglycémie moindre et durée plus courte qu’avec les sulfamides

Absence d’allergie croisée avec les sulfamides

Infection ORL

Allergie

Troubles digestifs: flatulences, diarrhées Þaugmentation progressive de la posologie

Contre-indications

Âge >70ans sauf si clairance calculée >60mL/min

Pathologie aiguë

Insuffisance rénale

Insuffisance hépatique

Hypoxie tissulaire, insuffisance cardiaque

Insuffisance respiratoire

Insuffisance rénale sévère

Insuffisance hépatique

Insuffisance cardiaque ou antécédent

Grossesse, allaitement

Grossesse et allaitement

Insuffisance hépatique sévère

Insuffisance rénale sévère

Allergie aux sulfamides

Association au myconazole

Grossesse

Allaitement

Insuffisance hépatique

Insuffisance rénale sévère ou modérée

Insuffisance hépatique (taux d’ASAT ou ALAT 3 fois la normale): surveillance tous les 3 mois la 1re année

Insuffisance cardiaque

Maladies digestives

 

b. Insulinothérapie

Quand ?

Plusieurs signes entrent en jeu pour déterminer la mise en place d’une insulinothérapie :

– signes d’insulinorequérance (amaigrissement, asthénie, amyotrophie) ;

– échec du traitement oral ;

– lorsque l’HbA1c reste supérieure à 8 % malgré un traitement oral maximal ou un traitement par GLP1, compte tenu du terrain, et lorsque la diététique et l’activité physique ne sont pas améliorables ;

– après avoir vérifié l’observance thérapeutique du patient ;

– lorsque l’HbA1c reste supérieure aux objectifs fixés avec le patient ;

– contre-indications ou intolérance aux hypoglycémiants oraux ou aux analogues du GLP1 ;

– dans certaines situations transitoires telles que des affections intercurrentes (plaie de pied, chirurgie, après un accident coronarien, grossesse, etc.).

Comment ?
Insulinothérapie combinée

Elle consiste en une injection d’insuline combinée à des hypoglycémiants oraux.

Elle est réalisée en l’absence de contre-indication aux hypoglycémiants oraux et lorsque l’insulinorequérance n’est encore que partielle.

La procédure est la suivante :

– commencer par une injection d’insuline intermédiaire (NPH) au coucher ou d’analogue lent (Lantus®, Lévémir®) ;

– possibilité de faire l’injection à d’autres moments que le coucher en cas d’utilisation du Lantus®;

– débuter par 0,2 U/kg de poids/jour, en adaptant progressivement la dose selon la glycémie capillaire à jeun (dose moyenne de 40 U/j et objectif glycémique habituel au réveil ?1,10 g/L).

Tableau 13.VII. Agonistes ou analogues du GLP1

Administration

Par voie sous-cutanée

Mode d’action

Augmentation de l’activité GLP1 (figure 13.7)

Augmentation de l’insulinosécrétion liée à la glycémie

Intérêt

Amélioration des glycémies pré et surtout postprandiales

Absence d’hypoglycémie

Perte de poids

Amélioration des dyslipidémies, de l’HTA et de la stéatose

Effets secondaires

Digestifs : nausées, vomissements

Hypoglycémies en cas d’association
aux insulinosécréteurs

Rares cas d’insuffisance rénale

Contre-indications

Insuffisance rénale

Antécédents de pancréatopathie

Absence d’expérience chez l’enfant

Effets métaboliques attendus

Diminution de 1 à 1,5 % de l’HbA1c

 

Fig. 13.7. Différents sites d’action des antidiabétiques oraux.

Les intérêts d’une insulinothérapie combinée sont les suivants :

– simplicité de l’adaptation de la dose d’insuline sur la glycémie du matin ;

– efficacité comparable de ce schéma à 2 injections d’insuline par jour pour une moindre prise de poids ;

– nécessité d’une insulinosécrétion résiduelle ; ne peut donc être que transitoire.

Insulinothérapie exclusive

Elle consiste habituellement en 2 à 4 injections d’insuline. Avec l’aggravation progressive de l’insulinorequérance, l’insulinothérapie peut avec le temps nécessiter 3, voire 4 injections quotidiennes pour atteindre les objectifs fixés.

Différents schémas et différentes insulines peuvent être utilisés :

– mélange rapide/intermédiaire ;

– schéma basal/bolus.

Dans ces situations, l’autosurveillance glycémique pluriquotidienne est nécessaire et la gestion de l’insulinothérapie rejoint celle du diabète de type 1.

L’insulinothérapie est une contre-indication au renouvellement du permis poids lourd (C, D, E), sauf avis spécialisé favorable.

Traitement du diabète de type 2 – Ce que le patient doit savoir

Prise en charge globale

Le patient doit connaître ses objectifs thérapeutiques personnalisés :

– pondéral

– HbA1c

– lipidiques

– tensionnels

Il doit connaître les moyens utilisés :

– sevrage tabagique

– activité physique

– diététique

– médicamenteux

– nécessité de l’observance thérapeutique

Il doit rapidement être informé de la nécessité probable d’utiliser l’insuline dans l’évolution naturelle de la maladie, du fait de l’aggravation de l’insulinopénie.

 

Points clés

Le diabète de type 2 correspond à la forme la plus fréquente d’hyperglycémie chronique.

La physiopathologie associe une anomalie de l’insulinosécrétion et de l’insulinosensibilité.

L’objectif du traitement repose sur des objectifs glycémiques (HbA1c <6,5%), mais également tensionnels, lipidiques et pondéraux; le diabète de type 2 nécessite une prise en charge globale de la pathologie et des ses complications.

À long terme, l’objectif est de limiter les complications qui sont l’enjeu de cette pathologie chronique.

Le traitement repose sur un trépied de moyens thérapeutiques: modifications alimentaires, activité physique régulière et intervention médicamenteuse (antidiabétiques oraux, analogues du GLP1 et/ou insuline).

L’évolution naturelle de la maladie se fait vers une insulinopénie qui nécessitera à moyen ou long terme le recours à une insulinothérapie.

 

 

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