L'actualité du médicament en lien avec l'ANSM et la HAS

     
  
 

 

 

  • - Levothyrox® (lévothyroxine) : changement de formule et de couleur des boîtes - effets indésirables

    - L-Thyroxine Serb en solution buvable : délivrance réservée exclusivement aux patients prioritaires

    L'ANSM alerte tous les pharmaciens sur la nécessité impérieuse et urgente de stopper le report de l'utilisation du Levothyrox® sur la L-Thyroxine gouttes. Ce report, qui s'est enclenché la semaine 34, va provoquer très rapidement une rupture d'approvisionnement en L-Thyroxine et priver les enfants de moins de 8 ans et les quelques adultes présentant notamment des troubles de la déglutition, d'un traitement qui leur est indispensable et pour lequel il n'y a pas d'alternative. Le volume de vente de ce produit étant très faible cette rupture pourrait, au rythme des reports, se produire dans les toutes prochaines semaines. Le laboratoire n'est pas en capacité d'augmenter sa production et les importations sont complexes à organiser, aucun produit strictement équivalent n'ayant à ce jour été identifié.
    Il est donc demandé expressément aux médecins de ne pas prescrire cette présentation en dehors des indications.

     

    - Levothyrox® (lévothyroxine) : changement de formule et de couleur des boîtes


    Depuis le début de l'été 2017, des alertes sur d'éventuels effets indésirables de la nouvelle formulation du Levothyrox® circulent sur différents sites internets ou réseaux sociaux et de nombreux articles dans la presse ou émissions sur le Levothyrox nouvelle formule se multiplient depuis la mi août.

    Le Laboratoire Merck Serono France répond à l’ensemble des demandes via un numéro vert : 0800 888 024 afin de parvenir à rassurer mieux les patients et travaille en étroite collaboration avec des experts endocrinologues, l’ansm, les associations de patients dans cet objectif.

    Une enquête de pharmacovigilance est réalisée à la demande de l’ANSM depuis le début du lancement de la nouvelle formule. Le nombre d’effets indésirables rapportés concernent moins de 1% des patients.Ces effets indésirables imputés au changement de formule sont le plus souvent en lien avec:

    • les symptômes hypothyroïdiens tels que la fatigue, les étourdissements, la constipation, le gonflement, la dépression, l'augmentation de poids
    • les symptômes hyperthyroïdiens tels que les palpitations, la diarrhée, les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil
    • Le mal de tête est aussi souvent signalé.

    Aucun signal de pharmacovigilance n’est identifié à ce jour par le laboratoire et les autorités de santé.

    Afin de garantir une stabilité plus importante de la teneur en substance active (lévothyroxine) tout le long de la durée de conservation du médicament, le laboratoire Merck a réalisé, à la demande de l’ANSM, une modification de la formule de Levothyrox®. La substance active reste identique. Cette nouvelle formule a été mise à disposition dans les pharmacies à compter de la fin du mois de mars 2017. Ces modifications ne changent ni l’efficacité ni le profil de tolérance du médicament. Toutefois, par mesure de précaution face à toute modification, et bien que la bioéquivalence entre l’ancienne et la nouvelle formule ait été démontrée, l’ANSM préconise, pour certains patients, de réaliser un dosage de TSH quelques semaines après le début de la prise de la nouvelle formule. Par ailleurs, les couleurs des boîtes et des blisters ont été modifiées, une attention particulière des professionnels de santé et des patients devant être portée lors de la phase de transition pour éviter les erreurs.
    Aucun changement lié à la modification de formule n’est attendu pour les patients. Toutefois, la lévothyroxine étant une hormone thyroïdienne de synthèse à marge thérapeutique étroite, l’équilibre thyroïdien du patient peut être sensible à de très faibles variations de dose. Aussi, par mesure de précaution, il convient, chez certains patients : traités pour un cancer de la thyroïde, ayant une maladie cardiovasculaire (insuffisance cardiaque ou coronarienne et/ou des troubles du rythme), enfants, personnes âgées ou personnes ayant un équilibre thérapeutique difficile à atteindre, de réaliser un dosage de TSH dans les 6 à 8 semaines après le début de la prise de la nouvelle formule. Les femmes enceintes sous Levothyrox sont invitées, quant à elles, à contrôler leur TSH dans les 4 semaines après le début de la prise de la nouvelle formule.

    Recommandations pour les médecins:
    Le maintien de l’équilibre thérapeutique doit être contrôlé :

    • dans les 6 à 8 semaines pour les patients :
      • dont l’équilibre thérapeutique a été particulièrement difficile à atteindre
      • ayant un cancer de la thyroïde
      • ayant une maladie cardiovasculaire (insuffisance cardiaque ou coronarienne et/ou des troubles du rythme)
      • qui sont des enfants
      • qui sont des personnes âgées
    •  dans les 4 semaines pour les femmes enceintes traitées par Levothyrox

    Pour plus d'information :

     

    - Pompe implantable Medtronic MiniMed (MIP) : arrêt progressif de fabrication

    Medtronic a décidé un arrêt progressif de fabrication de la pompe implantable MiniMed 2007D (MIP) à partir de juin 2017 en vue d'un arrêt définitif en juin 2019. La fourniture de nouvelles pompes sera limitée à 75 pompes pour la France entre juillet 2017 et juillet 2019 avant arrêt total de la fabrication.

    Les pompes fabriquées couvriront essentiellement les urgences et les besoins de remplacement des pompes sous garantie. La fourniture des consommables nécessaires sera assurée jusqu’à la fin de vie des pompes.

    Les patients concernés seront informés par les professionnels de santé.

     

    - Baclofène: recommandation temporaire d'utilisation dans l'alcoolo-dépendance renouvelée pour une durée de 1 an

    En mars 2014, l'ANSM a élaboré, pour une durée de 3 ans, une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU) du baclofène dans la prise en charge des patients alcoolo-dépendants. Dans l’attente des résultats de l’étude CNAMTS-ANSM portant sur la sécurité, et des rapports définitifs des deux études cliniques, Alpadir et Bacloville, l’ANSM renouvelle ce dispositif pour une durée d’un an.
    Par ailleurs, suite à l’analyse des données de tolérance et d’efficacité collectées depuis la mise en place de la RTU, l’ANSM a élaboré un nouveau protocole de traitement et de suivi des patients et a simplifié le dispositif de la RTU, gardant pour objectif de sécuriser l’utilisation du baclofène dans cette indication.

    Pour plus d'information :

    - Contraception hormonale d’urgence contenant du lévonorgestrel : nouvelle recommandation pour les utilisatrices de médicaments inducteurs enzymatiques

    Les inducteurs enzymatiques (par exemple, efavirenz) peuvent diminuer l’efficacité de la contraception d’urgence contenant du levonorgestrel (NorLevo, Levonorgestrel Biogaran, Levonorgestrel EG, Levonorgestrel Mylan 1,5 mg, comprimé). Par conséquent, chez les femmes souhaitant utiliser une contraception d’urgence et ayant été traitées par un inducteur enzymatique au cours des 4 dernières semaines, une contraception d’urgence non hormonale (dispositif intra-utérin au cuivre (DIU-Cu)) devra être utilisée. En cas d’impossibilité d’utiliser un tel dispositif, un doublement de la dose standard de lévonorgestrel est recommandé.

     

    - Pas d’argument en faveur d’un sur-risque de cancer du pancréas associé aux incrétinomimétiques chez les patients diabétiques de type 2

    Une étude épidémiologique, menée par l’ANSM à partir des données de l’Assurance Maladie (SNIIRAM) pour investiguer un potentiel sur-risque de cancer du pancréas en lien avec les incrétinomimétiques, ne fournit pas d’argument en faveur de l’existence d’un risque spécifique de ces traitements antidiabétiques. Cette étude, qui a porté sur plus de 1,3 millions de patients atteints de diabète de type 2, est la plus vaste sur le sujet et elle vient confirmer les résultats de travaux précédents.
    Les incrétinomimétiques, utilisés dans le traitement du diabète, regroupent deux familles de médicaments : les analogues du Glucagon-like peptide-1 (GLP-1) désignés sous le terme analogues du GLP-1, et les inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4) désignés sous le terme de gliptines.
    Pour les deux familles d’incrétinomimétiques, un risque pancréatique a émergé en pharmacovigilance avec le signalement de cas de pancréatites aigües et de cancers du pancréas. Depuis 2008 en France, les incrétinomimétiques font l’objet d’un suivi national renforcé.
    Suite à une évaluation européenne du risque pancréatique des incrétinomimétiques, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a appelé à la mise en place de nouvelles études pour évaluer le risque à long terme, notamment en regard du cancer pancréatique. Dans ce contexte, l’ANSM a mené une étude à partir des données du SNIIRAM afin de mesurer et caractériser l’association entre incrétinomimétiques et risque de cancer du pancréas parmi les patients atteints de diabète de type 2. L’étude a porté sur les affiliés au Régime Général de l’Assurance Maladie de 40 à 80 ans ayant un diabète de type 2 prévalent en 2010, suivis jusqu’au 31 décembre 2013.
    Un total de 1 346 055 personnes (54 % d’hommes, âge moyen 63,8 ans) ont été incluses et suivies pendant 3,7 ans en moyenne. Au cours du suivi, 41,1 % ont reçu des gliptines et 7,2 % des analogues du GLP-1 commercialisés en France à cette période, et 3 113 cancers du pancréas sont survenus. Le risque de survenue d’un cancer du pancréas est apparu 30 % plus élevé chez les personnes exposées aux gliptines. L’exposition aux autres antidiabétiques oraux (metformine, sulfamides notamment) était également associée à un risque de cancer du pancréas accru de 20 à 40 %. En revanche, l’exposition aux analogues de la GLP-1, l’autre famille d’incrétinomimétiques disponibles par voie injectable, n’apparait pas associée au cancer du pancréas.
    L’association entre gliptines et cancer du pancréas a été étudiée en détail. Il apparaît que cette association est particulièrement marquée peu après l’introduction des gliptines et décroit avec la durée d’exposition ainsi qu’avec la dose de traitement cumulée. Cette association ne diffère pas selon le type de gliptine considéré et elle n’est pas retrouvée pour les cancers autres que le cancer du pancréas.
    L’hypothèse la plus plausible pour expliquer ces résultats, concordants avec ceux d’autres études épidémiologiques menées sur le sujet, est celle d’un phénomène de causalité inverse : l’initiation ou l’intensification d’un traitement par gliptines serait la conséquence d’un déséquilibre du diabète, lui-même dû à un cancer du pancréas non encore diagnostiqué, plutôt que la cause de ce cancer. En effet, l’apparition ou l’aggravation d’un diabète de type 2, situation clinique fréquente en diabétologie, peut, parfois, constituer le premier symptôme d’un cancer du pancréas avant même que celui-ci ne soit diagnostiqué avec l’apparition des symptômes habituellement évocateurs.
    Cette étude, la plus vaste réalisée sur cette problématique à ce jour, ne fournit donc pas d’argument en faveur d’un risque spécifique des incrétinomimétiques vis-à-vis du risque de cancer du pancréas. Un suivi plus long sera cependant nécessaire pour estimer le risque à plus long terme.

     

    - Metformine et insuffisance rénale chronique modérée: pas de contre-indication

    Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a conclu, lors de sa réunion du 10 au 13 octobre 2016 à Londres, que les spécialités à base de metformine peuvent maintenant être utilisées chez les patient atteints d’un diabète de type 2 présentant une insuffisance rénale chronique modérée. Ces recommandations sont le résultat d’un examen par le Comité des données scientifiques actuelles qui ne justifient pas d’une contre-indication chez ces patients.

     

    - Syncortyl®: arrêt de commercialisation

    Selon une information transmise par HAC Pharma, la commercialisation de SYNCORTYL® sera arrêtée à compter du 31 octobre 2016

  • Comprendre les pénuries et ruptures de stock des médicaments

    Le nombre de ruptures et risques de ruptures en médicaments essentiels a été multiplié par 4 entre 2008 et 2013: un article en décrit les raisons et mécanismes:


    ALKONATREM 150 mg®, gélule (Chlorhydrate de déméclocycline) - Rupture de stock

    Rupture de stock effective depuis le 11 décembre 2013. Mise à disposition exceptionnelle et transitoire d'alternatives: SAMSCA 15 mg® (tolvaptan) - DEMECLOCYCLINE (chlorhydrate) USP, 150mg

  • Autorisations temporaires d’utilisation (ATU) de médicaments : Nouvelles dispositions législatives et réglementaires

    L’ANSM a publié en septembre 2014 une mise au point concernant les nouvelles dispositions relatives aux ATU et comprennant un état des lieux complet du cadre législatif et réglementaire des ATU nominatives aussi bien que des ATU cohorte. Il présente également toutes les informations pratiques pour une demande d'ATU.

    En France, l’utilisation exceptionnelle de spécialités pharmaceutiques ne bénéficiant pas d’une AMM et ne faisant pas l’objet d’un essai clinique est conditionnée à l’obtention préalable d’une ATU. Les ATU sont délivrées par l’ANSM à titre exceptionnel afin de traiter des maladies graves ou rares lorsqu’il n’existe pas d’autre traitement approp rié et que la mise en œuvre du traitement ne peut pas être différée.

    En pratique, elles sont de deux types :
    L’ATU dite de cohorte (ATUc),  concerne des médicaments dont l’efficacité et la sécurité d’emploi sont fortement présumées et destinés à un groupe ou sous-groupe de patients traités et surveillés suivant des critères définis dans un protocole d’utilisation thérapeutique et de recueil d’informations (PUT).
    Elle est délivrée à la demande du titulaire des droits d’exploitation, qui a déposé ou s’est engagé à déposer une demande d’AMM dans un délai fixé ;
    - L’ATU dite nominative (ATUn) , est délivrée pour un seul patient nommément désigné et ne pouvant participer à une recherche biomédicale, à la demande et sous la responsabilité du médecin prescripteur, dès lors que le médicament est susceptible de présenter un bénéfice pour ce patient ; il s’agit de médicaments dont le rapport efficacité/sécurité est présumé favorable pour ces patients au vu des données disponibles.

    Un dispositif appelé Protocole d’utilisation thérapeutique et de recueil d’informations (PUT), établi entre l'ANSM et le titulaire des droits d'exploitation du médicament est mis en place afin de fixer les modalités de suivi des patients traités ainsi que le recueil de données portant sur l'efficacité, les effets indésirables, les conditions réelles d'utilisation ainsi que les caractéristiques de la population bénéficiant du médicament autorisé.
    Cependant, l’utilisation de spécialités bénéficiant d’une ATU ne peut se substituer à un essai clinique et n’a pas d’objectif d’investigation. En effet, à un stade précoce du développement des médicaments, les essais cliniques doivent toujours être privilégiés.
    La décision d’ATU ne doit pas freiner la mise en œuvre ou la poursuite d’essais cliniques permettant d’apporter des réponses précises et indispensables sur le rapport bénéfice/risque d’un médicament

    Lire aussi sur le site de l'ANSM:

  • Accidents dus au Benfluorex

    L'ONIAM est chargé d'organiser la procédure d'instruction des demandes d'indemnisation au titre du benfluorex (Médiator® mais également sous les marques Benfluorex Qualimed®, Benfluorex Mylan®)

© SFE Septembre 2017

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