Homéostasie énergétique : le cil qui pèse lourd
Hippolyte DUPUIS, Lille
Conférence plénière PL-001
Obésité et cils primaires : nouvelles perspectives sur la défense du poids corporel
Christian VAISSE (San Francisco, Etats-Unis)
Le Professeur Christian VAISSE a ouvert le bal des conférences plénières sur le sujet, encore trop méconnu, des cils dans l’homéostasie énergétique. Des mécanismes non élucidés régissent la reprise de poids à l’arrêt de régimes ou de traitements anorexigènes (par exemple, les agonistes du récepteur au GLP-1). C’est le concept de défense du poids corporel. Au niveau hypothalamique, la leptine promeut la production d’α-MSH par les neurones à propiomélanocortine (POMC). L’α-MSH active alors les neurones du noyau paraventriculaire (NPV) en se liant à MC4R, un récepteur à 7 domaines transmembranaires couplé à une protéine G. Cela entraîne une diminution de la prise alimentaire et une augmentation de la dépense énergétique. Environ 5% des obésités sévères seraient liées à des variants pathogènes sur le gène MC4R.
Les cils primaires sont des organites sensoriels présents sur la majorité des cellules humaines, dont les neurones, qui ont la capacité de détecter l’environnement (composé volatiles, photons etc.). Les ciliopathies sont des maladies pléiotropes affectant de multiples organes, et pouvant entrainer des obésités sévères telles que le syndrome de Bardet-Biedl.
Des analyses sur des modèles murins ont mis en évidence que la perte des cils sur les neurones du NPV entraîne une prise de poids. Or, MC4R est présent sur les cils et la protéine MRAP2 est nécessaire à cette localisation particulière. Une perte du cil ou de la localisation de MC4R sur le cil entrainent une augmentation de la prise alimentaire et une prise de poids. Dans le syndrome de Bardet-Biedl, un complexe protéique se forme, favorisant la délocalisation de MC4R de la région ciliaire, pouvant expliquer en partie l’obésité sévère et précoce.
