Plan France Médecine Génomique : un tournant pour le diagnostic génétique de l’insuffisance ovarienne prématurée ?
Cécilia LAURE, Montpellier
Atelier SFE 10 FIRENDO : Le diagnostic génétique de l’insuffisance ovarienne prématurée : pour quoi faire ?
Sophie CHRISTIN-MAITRE, Paris ; Sophie JAILLARD Rennes
L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) se définit par des troubles du cycle menstruel associé à un taux de FSH élevé (> 25 UI/L). Dans un registre national suédois, la prévalence chez la femme adulte était d’environ 2%.
Une fois que le diagnostic d’IOP a été posé, le bilan étiologique comprend le dosage des anticorps anti surrénales et antithyroïdiens ainsi qu’un caryotype systématique pour éliminer un syndrome de Turner qui peut, notamment en cas de mosaïcisme, se présenter avec un phénotype très atténué par rapport à sa présentation historique. D’ailleurs, en cas de forte suspicion, un frottis jugal peut se révéler utile afin d’éliminer un mosaïcisme non démasqué par le caryotype. Le diagnostic du syndrome de Turner, même s’il est fait tardivement, peut permettre de dépister et de traiter des éventuelles complications.
En cas de négativité des premières explorations, la recherche d’une prémutation du gène FMR1, se définissant par un nombre de triplets CGG entre 55 et 199, est indispensable. En effet, cette prémutation prédispose les fils de la patiente à développer la mutation complète du gène FMR1 (triplets CGG>200), responsable du syndrome de l’X fragile, 1ère cause de déficience intellectuelle chez le garçon en France.
Si ces explorations sont négatives, la réalisation d’une recherche d’anomalie moléculaire sur un panel de gènes impliqués dans les IOP (5 centres en France) est proposée.
Enfin, si toutes les explorations sont négatives, peut alors se discuter la réalisation d’un séquençage complet du génome grâce au Plan France Médecine Génomique (PFMG). Les dossiers sont discutés en RCP nationale et l’analyse se fait grâce à un prélèvements en « trio » (idéalement le cas index et ses deux parents). Les prélèvements sont ensuite acheminés et analysés dans un des deux laboratoires français (SeqOIA dans le Nord et Ouest et AURAGEN dans le Sud et l’Est). Suite à la mise en place du PFMG, sur la plateforme SeqOIA, 7 cas ont été concluants sur les 75 dossiers analysés. Sur la plateforme AURAGEN, sur les 57 dossiers analysés, 8 ont été concluants. Ces résultats encouragent à approfondir les analyses génétiques. De plus, la mise en place du PFMG permet d’élucider le rôle de nouveaux gènes et d’améliorer la compréhension de la pathologie en vue d’améliorer la prise en charge de la fertilité chez ces patientes.
En bref : rendez-vous chaque 2ème mardi du mois pour discuter des dossiers d’IOP non encore élucidés !
