L’interféron gamma et les inhibiteurs de JAK, une nouvelle AIRE thérapeutique pour l’APECED ?

Hippolyte DUPUIS, Lille

Symposium  SFE 8 Os et Calcium
Le rôle de l’IFNɣ dans le syndrome d’APECED
Bénédicte NEVEN (Paris)

La polyendocrinopathie auto-immune de type 1 ou syndrome d’APECED est une maladie rare liée à un variant pathogène du gène AIRE. En plus de la triade clinique classique (candidose, hypoparathyroïdie et insuffisance surrénale), s’associent des atteintes auto-immunes endocriniennes (diabète, dysthyroïdie…), digestives (hépatite, entéropathie…), pulmonaires (pneumopathie interstitielle diffuse) et infectieuses.

Il existe un défaut de tolérance immunitaire centrale lié à une diminution d’expression des antigènes du soi au niveau thymique réduisant l’apoptose des lymphocytes T auto-réactifs. L’interféron gamma (INFɣ), une cytokine pro-inflammatoire activant la voie de signalisation JAK-STAT, voie majeure de régulation de l’auto-immunité, joue également un rôle dans l’inflammation locale épithéliale favorisant les infections par fragilisation de la barrière cutanéo-muqueuse. Dans les modèles murins AIRE -/-, l’inactivation génétique d’INFɣ améliore la survie globale et diminue les atteintes inflammatoires pulmonaires.

Quelques patients porteurs de ce syndrome ont bénéficié de traitements inhibiteurs de JAK avec des résultats prometteurs. On note des rémissions complètes d’alopécie, d’entéropathies et d’hépatites, et même des cas isolés de rémission de diabète de type 1 et de diabète insipide.

D’autres études sur les inhibiteurs spécifiques du sous-type 1 de JAK et sur des anticorps monoclonaux anti-INFɣ sont nécessaires, associant immunologistes et endocrinologues.