Mesure continue du glucose : affiner le tir, au-delà des standards !

Yasmine ALLANIC , Poitiers

Atelier SFE 03 – Rapport CGM : bien les interpréter
Michael JOUBERT, Caen

Les rapports de mesure continue du glucose (CGM) révèlent les limites des critères de variabilité actuels, appelant à de nouveaux paramètres pour affiner le profil glycémique des patients.

De nombreux paramètres ont été proposés pour évaluer la variabilité glycémique (déviation standard, écart-type, coefficient de variation (CV), IQR pour interquartile range, etc…), mais aucun ne s’impose comme véritablement pertinent. Les résultats peuvent en effet varier considérablement selon les méthodes de calcul proposées. En particulier, le CV n’est pas harmonisé entre les différentes plateformes de capteur. La méthode de calcul de référence décrite par le Pr Louis Monnier, et fixant l’objectif seuil à 36%, diffère sensiblement de celle utilisée par les plateformes commerciales. Résultat : les plateformes classent plus de patients au-dessus du seuil de variabilité que ne le ferait la formule de référence.

Deux indicateurs se démarquent actuellement pour compléter l’évaluation classique.

  • Le TITR (Time in Tight Range) correspond au temps passé dans une plage étroite de glycémie entre 70 –140 mg/dL, représentative du profil de sujets non diabétiques normopondéraux. Cet indicateur vise à rapprocher les patients diabétiques d’un métabolisme glycémique « physiologique ». Les objectifs ne sont pas encore consensuels, mais les données en vie réelle suggèrent un seuil pertinent > 50 %, utile pour affiner la prise en charge des patients ayant un profil glycémique déjà bien équilibré.
  • Le GRI (Glycemia Risk Index), est un score qui pondère fortement les hypoglycémies sévères, modérément les hypoglycémies modérées et les hyperglycémies marquées, et faiblement les hyperglycémies modérées. Ce score permet de situer chaque patient selon son profil de risque glycémique, en complément du temps passé dans la cible.