Thérapies ciblées, radiothérapie interne vectorisée et immunothérapie : le trio gagnant contre les tumeurs endocrines ?

Laurine Mebarki, Lyon

Symposium SFE 07 Mécanismes et efficacité des traitements des tumeurs endocrines en 2025 ?

Mécanismes et efficacité des traitements des tumeurs endocrines en 2025 : Immunothérapie
Arnaud Janin, Lille
Mécanismes et efficacité des thérapies ciblées en onco-endocrinologie en 2025
Magalie Haissaguerre, Bordeaux
Radiothérapie interne vectorisée
Catherine Ansquer, Nantes

Les approches concernant le traitement des tumeurs endocrines se diversifient avec des thérapies ciblant directement la cellule cancéreuse et des stratégies visant le microenvironnement tumoral immunitaire.

Thérapies ciblées

Entre 20 et 40% des tumeurs sont dépendantes d’un oncogène pour leur survie. La caractérisation moléculaire est devenue un prérequis pour avoir accès aux thérapies ciblées et proposer une médecine personnalisée. Les inhibiteurs de tyrosine kinase, tels que le lenvatinib et le sorafenib, agissent via un blocage multi-kinase et ont un effet anti-angiogénique. Ils constituent des piliers du traitement, notamment dans les cancers thyroïdiens réfractaires à l’iode. D’autres inhibiteurs sélectifs permettent des actions plus spécifiques. Par exemple, le selpercatinib est un traitement de première intention en cas de cancer médullaire de la thyroïde porteur d’un variant pathogène sur le gène RET. Les anti-BRAF/MEK ont une place majeure dans la prise en charge des cancers thyroïdiens anaplasiques mutés pour BRAF, avec une amélioration nette de la survie globale.

Radiothérapie interne vectorisée (RIV)

La RIV associe un vecteur spécifique à un radionucléide émetteur de particules radioactives, permettant une irradiation ciblée de la tumeur. L’approche théranostique, permettant de vérifier l’expression de la cible avant de la traiter, garantit une meilleure efficacité dans les maladies localement avancées ou métastatiques évolutives. Cette technique est proposée dans plusieurs indications dont la redifférenciation des cancers thyroïdiens réfractaires à l’iode, ou les phéochromocytomes et paragangliomes malins présentant une surexpression de SSTR2. L’accès au 177Lu-Dotatate permet un maintien, voire une amélioration de la qualité de vie des patients atteints de tumeurs neuroendocrines intestinales métastatiques, avec une amélioration significative de la survie sans progression.

Immunothérapie

Si aucune AMM n’existe encore pour les tumeurs endocrines malignes, les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD1, anti-CTLA4) montrent des résultats prometteurs, notamment dans les cancers anaplasiques de la thyroïde. Leur utilisation dans les autres tumeurs endocriniennes reste pour le moment restreinte et nécessite l’identification de biomarqueurs prédictifs (expression de PD-L1, statut MSI, charge tumorale), essentielle pour sélectionner les patients susceptibles de répondre.

Perspectives

Des défis persistent : identification de nouvelles cibles, amélioration des techniques, développement de nouvelles immunothérapies ou de la vaccinothérapie. L’avenir du traitement des tumeurs endocrines réside probablement dans les associations thérapeutiques, qui laissent espérer des réponses plus durables pour les patients.